Debating Breakfast - 4 ème édition

Orange Developer Center a organisé la 4e Debating Breakfast le jeudi 8 mai sur le thème du financement de projet innovant.

Le Debating Breakfast transforme l’ODC en une table ronde qui rassemble des experts, des jeunes entrepreneurs et des ingénieurs stagiaires dans le but d’aborder un aspect du développement mobile autour d’un petit déjeuner.

Cet évènement; qui se forge une réputation d’incontournable, en matière de débat dans la communauté du mobile, a une fois de plus abordé un sujet qui préoccupe beaucoup de jeunes développeurs.

Le débat était animé par Mohamed Ali Souissi de Mosaïque FM qui a su détendre l’ambiance et mettre les gens à l’aise. C’était l’opportunité de créer un premier contact entre les jeunes ingénieurs et les investisseurs potentiels. Dans cette ambiance conviviale, ils ont pu évaluer les opportunités et les obstacles autour du lancement d’un projet et son financement.

Les invités ont inclus :

  • M. Alaya Bettaieb ESPRIT Incubateur d’entreprise
  • M. Mehdi Khémiri : fondateur d’INNOVEST, société d’investissement
  • Mme Lamia Chaiffai Sghaier: CEO of Education for Employment
  • M. Mondher Achour: Manager de Technology Funds IN’Tech à Sages Capital
  • Mme Ines Essid Ben Rhouma: Direction Etudes et Evaluation à la BFPME
  • Mme Manel Khaled: Manager Carthage Business Angels et Wiki StartUp
  • Hamza Sellami (en vidéo conférence) : Incept
  • Sabrine Fattoum, Achraf Bakir, Choueib Selmi : Innovatech
  • Slim Zouaoui, Hedi Khanfir: Jeunes entrepreneurs développeurs

Vu la conjoncture économique actuelle, les jeunes sont tentés par l’entreprenariat. Souvent, la complexité des démarches administratives et l’élaboration de business plans sans mentionner les difficultés encourues pour les levées de fonds, incitent les jeunes à abandonner leurs idées de projets. De nos jours, on entend souvent parler de la disponibilité de fonds, de prêts, la création de pépinières d’entreprises, mais comment y accéder ? Est-ce que ces initiatives sont à la hauteur des attentes et besoins de cette jeunesse invocatrice des printemps arabes. Si cette jeunesse a pu changer l’avenir d’un peuple, quel souffle pourrait-elle donner à l’économie tunisienne si les moyens et opportunités leur étaient présentés?

 L’équipe de l’Orange Developer Center a pensé rassembler divers organismes de financement étatiques et privés, des business angels et des success story, pour démystifier la notion de financement dans le but d’encourager les jeunes ingénieurs porteurs d’idées. Aussi c’est une opportunité pour les jeunes développeurs de trouver les réponses aux multiples questions qu’ils se posent dans le but de trouver leur chemin d’avenir.

 L’évènement a commencé par M. Bettaieb qui a partagé sont expérience professionnelle dans l’entreprenariat, les échecs et les réussites. Il a présenté le projet « Incubateur » d’Esprit pour soutenir les jeunes entrepreneurs en herbe. En principe, un accompagnement rapproché se fera en 3 phases ; pré-incubation (conception du projet), incubation (proof of concept/business plan), accélération (validation du business model). 

M. Khemiri, une success story tunisienne, a ajouté qu’il faut accompagner le rêve de l’entreprenariat avec un business plan bien étudié, suivi d’un proof of concept qu’il faut tester. Une idée seule ne suffit plus. 

Mme Manel Khaled a confirmé qu’un financement sans accompagnement sera rarement fructueux. Pour elle l’incubation inclut une aide pendant la levée de fonds ainsi qu’à la création d ‘un prototype et du coaching pour la promotion du produit et même de l’assistance continue lors d’une 2e levée de fonds au besoin.

Mme Chaffai Sghaier a présenté 2 programmes de l’EFE. Le premier, principalement dans les universités en partenariat avec Intel et Microsoft, génère des idées de projets et encourage l’entreprenariat via des compétitions et ateliers. Le 2e programme accompagne les entrepreneurs en herbe dans les différentes phases de la création d’une entreprise.

Mme Ines Ben Rhouma de la BFPME a précisé qu’il y a une confusion générale de "qui fait quoi?". Le porteur d'idée doit savoir à qui s'adresser en premier. Avant de demander un prêt à la BFPME (dernière étape)  le projet doit être mûr avec un business plan bien élaboré.

M. Achour confirme que l’accompagnement est primordial à la réussite. Il a salué le privé pour les initiatives et à l’état d’être présent avec des fonds de pré-amorçage. Ces fonds ont pour but d'améliorer le financement en fonds propres des petites et moyennes entreprises innovantes qui se créent dans les secteurs technologiques. Une fois le proof of concept et le business plan sont élaborés, il faut valoriser l’apport du promoteur ou du brevet. Plusieurs jeunes évoquent l’idée de breveté leur projet pour leur sécuriser les droits par contre, M Achour préfère la notion de valoriser le projet avec un brevet. Il existe beaucoup d’anciens mécanismes de financement qui ne sont pas toujours adaptés au milieu du domaine des TICs. Bien que le crowdfunding n’ait pas de cadre juridique en Tunisie, l’essaimage est possible. Il faut tout de même travailler dans la légalité. 

S’ensuivit, une discussion avec les jeunes présents sur les difficultés rencontrées dans l’élaboration d’un projet et l’importance d’agir rapidement afin de ne pas se faire prendre leurs idées. Savoir à qui faire confiance et à qui s’adresser n’est pas toujours chose facile. L’infrastructure et le problème récurrent du paiement en ligne, peu répandu en Tunisie, freine aussi la réussite de certains TICs. 

Un conseil ; il faut abandonner les frontières physiques de la Tunisie. Dans la réussite d’un projet, l’idée compte pour 20% et l’exécution du projet à 80%.

En conclusion, l’esprit d’entrepreneur c’est pour toute une vie. Avoir une idée, ne suffit pas, pour réussir un projet, il faut de nos jours maîtriser la technicité, savoir vendre son projet et le mettre en valeur afin d’avoir un financement. Il existe plusieurs accompagnements et aides aux jeunes entrepreneurs, il suffit de bien se préparer et d’apprendre des experts qui sont disponibles via les pépinières, incubateurs, business angels, associations d’accompagnements et des bailleurs de fonds.

Le conseil du panel d’experts : Le plus vous travaillez, mieux sont vos chances de réussites à l’école comme dans l’entreprenariat.